Les changements climatiques, un fardeau social ou une opportunité?

Je suis une femme de ma génération. Je suis grandeur nature dans mes idées et dans mes aspirations. Je crois en un avenir meilleur et j’y travaille tous les jours. Je suis pour le développement de projet de société qui améliore la vie de ma communauté et des citoyens de mon pays.

Certains projets actuels m’inquiètent pour notre présent et notre avenir, comme citoyenne, comme mère de famille, comme, peut-être, future grand-mère? Parmi ceux-ci les sables bitumineux, qui n’ont pas encore prouvé qu’ils visent une amélioration des conditions de vie pour les citoyens. Ils entraînent très peu de retombées locales pour les communautés, triplent ou quadruplent les émissions canadiennes de  GES et détruisent les habitats naturels, essentiels aux peuples autochtones et au développement touristique. Pourtant, ils font partie de la stratégie fédérale de développement économique.

Notre économie ne peut plus détruire l’air et l’eau que nous consommons tous les jours et si nécessaires à la vie. Je crois à une vision durable de l’économie. Même les grandes institutions  économiques internationales comme la Banque mondiale, le FMI et le Forum de Davos placent les changements climatiques comme un des plus grands facteurs de risque pour l’économie et les finances mondiales. Les catastrophes induites par les changements climatiques donnent de durs coups aux économies des pays où elles ont lieu. Les compagnies d’assurance sont très inquiètes de ces catastrophes car elles peuvent subir de lourdes pertes.

Les risques pour la santé, une réalité plus que jamais….

En tant que femme, je me sens interpelée par les effets des changements climatiques sur la santé. Les femmes sont souvent le point d’ancrage pour la santé des familles. On attribue maintenant une forme de pollution de l’air, les vagues de chaleur (The Lancet, 2015), ainsi que des problèmes d’asthme (INSPQ, 2015) aux changements climatiques.  Les personnes les plus à risque de subir les conséquences désastreuses sont les personnes les plus démunies de notre société, soit les femmes,  les enfants et les personnes âgées. Sans compter que les femmes sont souvent les personnes désignées pour s’occuper de ces deux derniers groupes vulnérables. Ce qui nous met non seulement à la première ligne de front pour répondre aux problèmes de santé grandissants, et pour  subir nous-mêmes les effets des changements climatiques.

Et si on rêvait…

Il faut voir les changements climatiques comme une opportunité d’opérer un virage énergétique et réduire notre dépendance aux énergies fossiles. Par exemple, agir sur l’aménagement du territoire en augmentant l’offre en transports en commun peut avoir un effet sur le tissu social de plusieurs familles. Par exemple, une femme pouvant se rendre plus  rapidement à son travail avec un meilleur transport en commun, se retrouve avec plus de temps gagné. Elle dispose donc de plus de temps soit pour s’occuper de la santé des membres de sa famille, ou par exemple pour suivre un cours qui améliorera sa condition de vie. En misant sur le transport en commun, non seulement on réduit les émissions de GES et la pression sur les infrastructures de transport, mais en plus on crée des opportunités pour stimuler la croissance sociale.

Malheureusement, les politiciens ont une vision trop court terme, ce qui nous empêchent d’élaborer un véritable projet de société, porteur et durable. Et si le succès des politiciens était évalué sur leur performance à réduire les pressions sur l’environnement tout en développant l’économie? Qui sait, peut-être une femme au pouvoir installera un jour ce mode de redditions de compte. D’ailleurs, Équiterre a lancé récemment une campagne pour pousser nos candidats et futurs élus à se mouiller pour l’environnement et prendre des engagements concrets pour le climat. Vous pouvez aussi sauter à l’eau en consultant ces quelques actions simples ici : www.equiterre.org/elections. Notre vote pour un parti qui prend position pour l’environnement est actuellement un puissant moyen pour façonner le pays – et le monde – dans lequel nous voulons vivre.

En attendant, on a toujours le droit de rêver et d’agir pour changer le monde, un petit geste à la fois…

Anne-Marie Legault, Chargée de projet, Changements climatiques Équiterre


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