24 avril: Mobilisation en solidarité avec les femmes qui fabriquent nos vêtements et celles qui nous les vendent - Appel à l'action

La Marche mondiale des femmes, à laquelle se joignent de nombreuses organisations de solidarité internationale, de défense des droits humains et de défense des travailleuses et travailleurs, invite la population de la région montréalaise à dénoncer les pratiques des grandes compagnies (comme Walmart) et à venir manifester sa solidarité envers toutes les personnes qui fabriquent, cousent et vendent nos vêtements dans des conditions inacceptables, et ce, au Bangladesh et ailleurs dans le monde.

24h-fr.jpgNous interpellons le gouvernement canadien à adopter une règlementation obligeant les compagnies ayant leur siège social au Canada ou faisant affaire au Canada à respecter les conventions et les normes de l’OIT portant sur le salaire décent, les mesures de santé et sécurité sur les lieux du travail et le droit à la syndicalisation. Nous demandons aussi que les marques et revendeurs de vêtements soient tenus de divulguer le nom et l’emplacement des usines où sont fabriqués leurs produits pour garantir une transparence et empêcher la dissimulation de mauvaises pratiques patronales aux yeux des consommateurs.

Partout dans le monde, les femmes mobilisées par la Marche mondiale organiseront des actions le 24 avril, durant l'heure du midi, selon leur fuseau horaire. Un « 24 heures de solidarité féministe internationale », deux ans après la catastrophe du Rana Plaza. 

Rappel

Le 24 avril 2013, un immeuble abritant de nombreux ateliers de fabrication de vêtements, le Rana Plaza au Bangladesh, s’est écroulé provoquant la mort de 1 138 personnes et faisant plus de 2 000 blessés. La plupart des victimes de cette catastrophe annoncée étaient des femmes, et parfois même de très jeunes filles.

Pourtant, des fissures dans les murs de l’édifice étaient apparentes depuis plusieurs jours. À tel point que les ouvrières et les ouvriers ne voulaient plus entrer, et qu’il a fallu que les propriétaires fassent appel à la police pour forcer les personnes à y travailler. Les vêtements confectionnés au Rana Plaza étaient vendus par de grandes marques internationales à travers le monde et au Québec, entre autres par les magasins Walmart.

Une tragédie devenue le symbole de l’exploitation des femmes liée à une économie capitaliste mondialisée

L’accident du Rana Plaza est le résultat de la course aux profits des grandes entreprises, qui magasinent à travers le monde pour trouver la main-d'œuvre la moins chère, sans égard aux conditions de vie et de travail des gens. Les pays fournisseurs de main-d’œuvre comme le Bangladesh, le Honduras ou le Mexique, se font concurrence pour accueillir ces entreprises, avec le moins de règlementation et les salaires les plus bas donc les plus compétitifs. Les grandes entreprises internationales se déresponsabilisent en utilisant des sous-traitants locaux, pour mieux pouvoir se laver les mains s'il y a des accidents ou des conflits. Cette compétition a pour impacts des conditions de travail à la baisse partout dans le monde, appauvrissant davantage les femmes.

C’est aussi un enjeu environnemental! 

Tout au long de la chaîne de production de nos vêtements, les ressources et les matériaux qui sont utilisés ont un impact majeur sur les personnes et sur l’environnement. Avant d’être vendue ici, la chemise que nous achetons a peut-être été confectionnée au Bangladesh, au Cambodge, au Mexique ou en Haïti. Si un tissu provient de la culture du coton, il a probablement subi de nombreux traitements (blanchissage, teinture, etc.).

Ce coton, une des productions mondiales les plus importantes, a été produit quelque part en Afrique, en Amérique latine, en Asie ou aux États-Unis. Pour sa culture aussi, on a utilisé de nombreux produits chimiques (pesticides, herbicides, etc.) qui menacent la santé des paysannes et paysans qui le cultivent. De plus, s’il a été cultivé dans un pays en voie de développement, il a probablement été récolté par des personnes qui gagnent une misère pour leurs longues journées de travail. Si c’est aux États-Unis qu’il a été produit, sa culture a été fortement subventionnée, ce qui tire les cours mondiaux du coton vers le bas et constitue une forme de concurrence déloyale pour les paysanneries d’Afrique, d’Amérique latine ou d’Asie, qui elles ne reçoivent pas ces milliards de dollars en subventions. 

Changer les choses, c’est possible!

L’industrie du textile emploie plus de 40 millions d’êtres humains sur la planète, dont 75 % sont des femmes. Par exemple, le PIB du Bangladesh dépend à 80 % de l’industrie du textile. En Colombie, l’industrie du textile procure plus de 21 % des emplois du secteur manufacturier. Ces pratiques ont donc un impact particulièrement significatif. 

Les accidents ne sont pas inévitables. Au Québec, par exemple, des groupes comme le CISO font pression pour forcer la responsabilité des entreprises utilisatrices de la main-d’œuvre précaire à travers le monde. L’opinion publique joue un rôle important sur les ventes que réalisent ces entreprises et leur capacité à se développer.

Grâce à la mobilisation internationale, plusieurs grandes marques de vêtements, des distributeurs, des syndicats internationaux et locaux ainsi que des ONG de défense des droits humains se sont engagés, dans le cadre de l’Accord sur les incendies et la sécurité des bâtiments au Bangladesh, à améliorer les conditions de travail des ouvriers et ouvrières de leurs fournisseurs. Malgré cette avancée, l’ensemble des conditions de travail demeure un enjeu très préoccupant.

Devant l'ampleur de cette tragédie et le soulèvement de l’opinion publique, certaines des compagnies clientes ont été forcées d'assumer une part de responsabilité et ont mis sur pied des fonds d'indemnisation des victimes. Les travailleuses et travailleurs morts sous les décombres étaient souvent le seul soutien de leur famille. Parmi les personnes rescapées, plusieurs ont perdu un bras ou une jambe, ou se retrouvent avec une incapacité de travail pour le reste de leur vie. Les fonds pour indemniser correctement toutes les victimes sont toujours insuffisants. Une campagne mondiale d’action interpellent les entreprises Children's Place, Benetton et Walmart afin qu’elles versent immédiatement les 9 millions de dollars qui manquent au fonds d’indemnisation. 

L’action en tant que citoyennes et citoyens du monde est essentielle. Notre contribution individuelle renforce notre pouvoir collectif de pression. L’indignation lorsqu’elle est soutenue donne des résultats. Nous ne voulons plus de catastrophes comme celle du Rana Plaza! 

Un appel à l’action citoyenne et solidaire 

Nous manifesterons notre solidarité envers toutes les femmes exploitées par l’industrie du vêtement de 12h à 13h devant le Walmart de Côte-des-Neiges. Cette multinationale est une des compagnies qui a refusé de reconnaître ses responsabilités envers les victimes de l’effondrement du Rana Plaza en plus d’être reconnue pour refuser le droit à la syndicalisation de ses travailleuses et travailleurs.

Cordonnée par la Marche mondiale des femmes au Québec en collaboration avec Au bas de l’Échelle, Centre international de solidarité ouvrière (CISO); Collectif des Femmes de diverses origines; Comité Femmes et Développement et l’AQOCI; Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL); FEM international; Femmes autochtones du Québec; Mer et monde.

 

Autres billets et pages à ce sujet:

» Les actions

» 24 avril - 24 heures d'actions féministes (guide pour les organisatrices)

 


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  • published this page in Les nouvelles 2015-04-16 15:28:14 -0400
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