Le mouvement

La 4e action internationale de la Marche mondiale des femmes se déroule du 8 mars au 17 octobre 2015 dans plus de 50 pays et territoires. Les actions de la MMF visent à transformer le monde pour que l’égalité entre les femmes et les hommes, entre les femmes elles-mêmes et entre les peuples deviennent une réalité. Ces actions cherchent à combattre les oppressions vécues par les femmes et se développent à partir des expériences et des vécues de celles-ci.

En 2015, les femmes de la MMF au Québec sont en action sous le thème « Libérons nos corps, notre Terre et nos territoires ».  Portées par des réflexions sur les liens étroits qui existent entre l’accaparement de la nature, l’appropriation des revenus et des droits des travailleuses, le contrôle du corps et de la vie des femmes et l’augmentation de la militarisation, de la criminalisation des luttes et de la violence envers les femmes, elles mettent en œuvre des actions pour rendre visible les différentes formes de résistance, de dénonciation et les alternatives qu’elle développent pour transformer le monde dans lequel nous vivons.

La MMF prend place au Québec alors que les femmes sont touchées de plein fouet par les mesures d’austérité qui mettent en danger les droits des femmes à l’égalité et à la justice. Ce contexte accentue la volonté de s’unir pour mettre de  l’avant une vision féministe globale qui se fonde sur l’égalité, la liberté, la solidarité, la justice et la paix !

Valeurs

La Marche mondiale des femmes se fonde sur les valeurs d’égalité, de liberté, de solidarité, de justice et de paix. La MMF propose de construire un monde où l’exploitation, l’oppression, l’intolérance et les exclusions n’existent plus, où l’intégrité, la diversité, les droits et libertés de tout.es sont respectés.

En 2004, les militantes de la Marche mondiale des femmes réunies au Rwanda, ont adopté la Charte mondiale des femmes pour l’humanité qui affirme ces valeurs et engage l’action de la MMF dans une transformation profonde nos sociétés.

Préambule de la Charte mondiale des femmes pour l’humanité

Nous, les femmes, marchons depuis longtemps  pour dénoncer et exiger la fin de l’oppression que nous vivons en tant que femmes, pour dire  que la domination, l’exploitation, l’égoïsme et la recherche effrénée du profit menant aux injustices, aux guerres, aux conquêtes et aux violences ont une fin.

De nos luttes féministes, de celles qu’ont menées nos aïeules sur tous les continents, sont nés de nouveaux espaces de liberté, pour nous-mêmes, pour nos filles, pour nos fils et pour toutes les petites filles et tous les petits garçons, qui, après nous, fouleront ce sol.

Nous bâtissons un monde où la diversité est un atout et où tant l’individualité que la collectivité sont sources de richesse, où les échanges fleurissent sans contraintes, où les paroles, les chants et les rêves bourgeonnent. Ce monde  considère la personne humaine comme une des richesses les plus précieuses. Il y règne l’égalité, la liberté, la solidarité, la justice et la paix. Ce monde, nous avons la force de le créer.

Nous formons plus de la moitié de l’humanité. Nous donnons la vie, travaillons, aimons, créons, militons, nous distrayons. Nous assurons actuellement la majorité des tâches essentielles à la vie et à la continuité de cette humanité. Pourtant, notre place dans la société reste sous-évaluée.

La Marche mondiale des femmes, dont nous faisons partie, identifie le patriarcat comme le système d’oppression des femmes et le capitalisme comme le système d’exploitation d’une immense majorité de femmes et d’hommes par une minorité.

Ces systèmes se renforcent mutuellement. Ils s’enracinent et se conjuguent avec le racisme, le sexisme, la misogynie, la xénophobie, l’homophobie, le colonialisme, l’impérialisme, l’esclavagisme, le travail forcé. Ils font le lit des fondamentalismes et intégrismes qui empêchent les femmes et les hommes d’être libres. Ils génèrent la pauvreté, l’exclusion, violent les droits des êtres humains, particulièrement ceux des femmes, et mettent l’humanité et la planète en péril.

Nous rejetons ce monde !

Nous proposons de construire un autre monde où l’exploitation, l’oppression, l’intolérance et les exclusions n’existent plus, où l’intégrité, la diversité, les droits et libertés de toutes et de tous sont respectés.

Cette Charte se fonde sur les valeurs d’égalité, de liberté, de solidarité, de justice et de paix.

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Historique

Née en 2000 à l’initiative de la Fédération des femmes du Québec, la Marche mondiale des femmes (MMF) est rapidement devenue un mouvement mondial incontournable. C’est pendant la Marche « Du pain et des roses » que l’idée d’entreprendre une Marche mondiale des femmes pour marquer le début du XXIesiècle a germé dans l’imaginaire de militantes québécoises et de déléguées de plusieurs pays du Sud venues marcher avec les Québécoises.

Mondialisation, désengagement de l’État, montée de la droite, des fondamentalismes et de l’antiféminisme, c’est dans ce contexte mondial qu’est née la Marche mondiale des femmes. Dans une telle conjoncture, la nécessité de poursuivre nos luttes en solidarité avec les femmes du monde s’est avérée un enjeu fondamental. À la mondialisation des marchés, nous allions opposer la mondialisation de nos solidarités!

Depuis, des millions de femmes, à travers le monde, ont marché contre la pauvreté et la violence lors de la première et de la deuxième édition d’actions internationales, en 2000 et 2005. Lors de la dernière action internationale de la MMF, en 2010, la Marche a rallié quelques 4500 groupes provenant de 150 pays et territoires différents.

Au fil de ces 15 dernières années, la Marche mondiale des femmes aura été le lieu d’importantes mobilisations féministes. Que l’on pense aux 40 000 personnes qui ont pris part aux actions de la MMF en 2000 au Québec, donnant lieu à la plus grande manifestation féministe tenue au Québec,  ou aux 20 000 personnes qui ont marché à Washington pour dénoncer les impacts du FMI et de la Banque mondiale, ou aux 10 000 personnes qui ont marché à New York, alors même que des actions se déroulaient simultanément dans 40 autres pays et territoires,  ou encore aux 24 heures d’actions féministes pour dénoncer la marchandisation de la vie et de la nature, ainsi que la criminalisation des luttes sociales.


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