Nous, femmes en situation de pauvreté...

Neuf femmes en situation de pauvreté, Sophie Boyer (volontaire d’ATD), et Myriam Legault* ont, durant six semaines, abordé l’histoire de vie de chacune et réfléchi sur les différents contextes qui peuvent mener à la pauvreté. Au fil des quatre premières rencontres constituées de différents ateliers, chacune a parlé de son enfance, de son adolescence, de ses ami.e.s, de sa famille, de ses difficultés, de ses blessures, de ses rêves et passions d’aujourd’hui, etc. Une relation de confiance mutuelle s’est tissée et la parole s’est tranquillement libérée! À la cinquième rencontre, elles avaient déjà parcouru tant de chemin ensemble, il fallait tenter de rassembler les idées et extraire, de tout ce qui avait été dit, les savoirs sur la pauvreté que tous ces vécus entremêlés permettaient d’énoncer. Elles sont alors parties de la formule « Nous femmes en situation de pauvreté…» et ont tenté de compléter la phrase. Voici le résultat de notre processus.

Nous femmes en situation de pauvreté avons de la richesse intérieure, des forces, et des talents qui doivent être reconnus.

Nous femmes en situation de pauvreté sommes capables de surmonter les obstacles de la vie.

Nous femmes en situation de pauvreté essayons d’être solidaires et nous comprendre les unes les autres.

Nous femmes en situation de pauvreté contribuons aussi en faisant du bénévolat.

Nous femmes en situation de pauvreté souhaitons que la société arrête de croire les préjugés et de juger les personnes par rapport à leur situation de pauvreté.

Nous femmes en situation de pauvreté, n’avons pas les moyens de tout payer et cela crée un stress difficile à vivre tous les jours de la vie.

Nous femmes en situation de pauvreté affirmons que la valeur d’un être humain n’est pas seulement reliée à son revenu et à sa situation sociale.

Nous femmes en situation de pauvreté vivons souvent le manque ou la perte et cela nous oblige à remettre certains projets à plus tard.

Nous femmes en situation de pauvreté pensons qu’il faut remettre en question le système économique dans lequel nous vivons pour s’attaquer aux vraies causes de la pauvreté.

Nous femmes en situation de pauvreté avons appris, suite aux obstacles de la vie, à nous débrouiller et à développer des forces.

Nous femmes en situation de pauvreté sortons de l’isolement en nous entourant pour retrouver un sentiment d’appartenance.

*Myriam Legault est participante de l'Université populaire Quart Monde et étudiante à la maîtrise en travail social de l’Université de Sherbrooke. Dans le cadre de ses études, elle a fait la rencontre du mouvement ATD Quart Monde et s'est vite sentie interpellée par ces lieux de partage et de dialogue avec les personnes en situation de pauvreté. Afin d’obtenir son diplôme, elle devait bâtir un projet de stage relié à l’intervention sociale. De là est née l’idée de rencontres avec quelques femmes en situation de pauvreté qui souhaiteraient participer à des discussions sur leur parcours de vie et à des réflexions collectives sur la pauvreté. C’est ainsi qu'à l’automne 2014, un groupe de onze femmes se sont réunies fidèlement tous le vendredis après-midi dans un petit local de la bibliothèque municipale de Sherbrooke.


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