Résistances féministes : rompre avec la culture de l’obéissance

En octobre prochain, une caravane féministe sillonnera les routes pour mettre de l’avant les résistances des femmes devant l’appropriation de leur corps, de la Terre et des territoires dans toutes les régions du Québec.  Ensemble, les femmes s’opposeront aux forces capitalistes, patriarcales et colonialistes qui sont responsables de l’austérité, de la destruction environnementale et de la militarisation. Ce sera l’occasion pour les femmes au Québec de tisser une histoire de solidarité et de penser la création d’une société libre de domination.

Résistances

Bannière \Pour s’y préparer, les membres de la coordination au Québec de la Marche mondiale des femmes ont entamé une réflexion sur la résistance. Comme disait l’une des déléguées à la rencontre, « résistance » est parmi les plus beaux mots de la langue française. Ça vaut la peine de s’y attarder, que soit pour se pencher sur son sens, son rôle et sur la manière de l’incarner. Au lieu de s’arrêter à une définition officielle tirée d’un dictionnaire, nous avons évoqué, lors de notre rencontre, le sens que prenait ce mot pour nous.

Nous nous sommes habituées, en tant que mouvement social, à signifier nos accords et nos désaccords avec des pratiques, des normes, des lois et des politiques qu’elles soient dans le domaine économique, social, culturel ou politique. Ces dernières années, devant la profondeur et l’étendue des projets néolibéraux, conservateurs ou racistes qui désavantagent les femmes, nous avons souvent eu recours à la dénonciation.

Or, nous nous sommes entendues que la résistance consiste à quelque chose de plus que la simple dénonciation. Il y aurait dans la résistance un refus de collaborer, voire même, une volonté de nuire à l’application d’une décision injuste. Il s’agit de refuser d’obtempérer aux attentes des autorités et de déranger leurs capacités d’aller de l’avant comme si de rien n’était.

Rompre avec la culture de l'obéissance

Les gestes de résistances peuvent être individuels et collectifs, mais ils impliquent nécessairement une rupture avec la reconnaissance et l’appréciation des pouvoirs établis. Chacune, pour y trouver sa place, est appelée à embrasser un nouveau rapport à l’obéissance. Depuis notre tendre enfance, on nous inculque le désir de conformité, de respect des règles, de politesse et de « bonnes manières ». Le problème est que les pouvoirs en place construisent ainsi une soumission collective aux injustices.

Le défi que cela pose aux femmes, c’est de rompre avec les contraintes liées à une culture de l’obéissance qui nous poursuit. La Marche mondiale des femmes sera donc un vaste exercice d’apprivoisement d’une politique de résistance, où les femmes confrontent leurs peurs de déplaire, de choquer ou de se faire rejeter. Notre capacité à résister aux chaines mentales de l’oppression dépend des solidarités que nous créons entre nous.

Avec cette Marche, nous souhaitons réunir féministes écologistes, matérialistes, syndicalistes, autochtones, antiracistes, artistes, militantes, anticapitalistes, migrantes, lesbiennes et queer,  mères, aînées, étudiantes, francophones, allophones, anglophones dans un vaste mouvement de solidarité. Une solidarité ancrée dans la conviction que les récits des unes et des autres comptent et que la domination subie par une est une domination subie par toutes.

Nous vivons dans une époque violente où l’État est l’un des agresseurs. Comment allons-nous prendre part à une mobilisation « conscientisante » qui va à la racine des problèmes? Plusieurs d’entre nous aimerions passer par-dessus cette période de résistance pour passer tout de suite à la libération. Nous avons conclu dans nos échanges en nous disant que nous nous libérons (en partie) en prenant part à la résistance et que la libération découlera de la résistance.

Tisser un récit solidaire

Entre la fin septembre et le 17 octobre, une caravane féministe fera le tour du Québec pour aller à la rencontre des femmes qui sont en action pour la libération de nos corps, la Terre et nos territoires des forces  capitalistes, patriarcales et racistes et pour la construction d’un monde de paix, de solidarité, de justice, d’égalité et de liberté.

C’est dans cet esprit de résistance que les régions sont appelées à organiser leurs actions. Dans chaque région, les femmes identifieront un message, une cible et une action de résistance à laquelle la population de la région sera conviée. Les membres de la caravane y participeront accompagnées de militantes d’une région voisine qui raconteront le récit de leurs actions. Ainsi, en partageant nos luttes et en passant par le sud, l’ouest, le nord, l’est pour finir au centre du Québec, les femmes tisseront la carte des résistances et des solidarités féministes.

Téléchargez l'Appel à la résistance contre la destruction sociale et environnementale [PDF 104KO]

Des informations essentielles pour ancrer votre participation à la Marche mondiale des femmes

8 MARS : Participez aux actions de lancement qui s’organisent partout au Québec.

En FÉVRIER et MARS, contribuez par vos réflexions à orienter les enjeux traités durant la Marche en organisant une session d’éducation populaire avec vos membres ou vos amies. Deux outils d’éducation populaire sont disponibles à cet effet.

En AVRIL et MAI, participez à identifier les cibles des actions régionales en organisant des sessions d’échanges sur les outils qui seront prêts en avril.

Le 24 AVRIL prochain, organisez une action locale sur l’heure du midi dans le cadre des 24h de solidarité féministe internationale.

Joignez-vous à un comité local ou régional de la Marche mondiale des femmes. Ça n’existe pas chez vous? Créez-vous un collectif local de la Marche mondiale des femmes avec d’autres militantes.

Documents à télécharger

Appel à la résistance: PDF [100KO] / DOCX [59KO]


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